Bruno Arts | Poète

La trilogie verbale d'un enfant de la Terre | volume 1

SANS TITRE - Bruno Arts
recueil en lecture gratuite

1

à Pascale    ma femme
    à Valentin    mon fils
    à Margot    ma fille
    à mes parents    à ma famille
    aux marins    aux soldats
    aux victimes    aux mères
    aux clowns    aux fous    aux sages
    aux blondes dans la lune
    aux brunes du Monde
    aux enfants de tous âges
    aux fleurs    aux arbres    aux pierres
    aux serpents    aux lions    aux cerfs
    à tous les êtres de la création
    à l’eau des rivières    des mers et des océans
    aux montagnes de mon grand-père
    au ciel    aux étoiles
    à Mars    Vénus et Jupiter
    à notre Lune    à notre Soleil
    à la vie    à la mort
    à l’amour aussi
    à ceux qui ont été
    à ceux qui sont
    et à ceux qui seront

    je dédie ces quelques pages
    ces mots    ces images
    ces maux si sages
    ces chavirements
de mon imagination

1

La vieille est partie
Elle a mis ses lunettes
    elle a pris ses aiguilles    sa laine et ses bijoux
    puis elle est partie

Elle est partie je ne sais où
Elle est partie voir du pays
    boire quelques verres de vin doux
    mais elle est partie

Elle est partie revoir son vieux    la vieille

2

poème automatique 1064

Je suis allé au bistrot du coin où j’ai des dettes depuis plusieurs millénaires
Sur le comptoir gras    j’ai bu tout mon or et j’ai joué aux cartes
    j’ai joué jusqu’à plus soif

Je suis sorti    j’ai mis les pieds dehors
    j’ai foutu le feu à un réverbère et puis j’ai frappé
J’ai frappé la nuit    j’ai frappé la lune    deux yeux au beurre noir

Quelle connerie

3

poème automatique 2710

Et que ta vie soit ton royaume
    où que tu ailles    quoi que tu fasses
Et que ta vie soit ton royaume
    et ton terrain de chasse

4

La vie danse au rythme des passants
qui vont qui viennent comme les ans
Et Valentin sur le goudron danse
    innocemment    sans crainte il s’élance
    et sous ses pieds dans la poussière
    quatre vingt quatorze est fier
    et Valentin chante ce refrain
    quatre vingt treize

                finit demain

5

Un ver vert    vêtu de vair vert    rampait vers un verre vert

6

La tête à la fenêtre du train de Marquèze
    Valentin regarde partir quatre vingt treize
dans la lumière de midi    Sur le quai pavé de la gare
quatre vingt treize au terminus    deux valises    part
L’une    bleu ciel    est remplie des rêves d’hier
    l’autre    jaune    est gonflée des rires à venir
Dans la lumière de midi    Valentin fier
    observe la vie qui court à n’en plus finir

7

Le dos au soleil plein de frissons
    loin des ports    innocent moussaillon
insouciant du temps au fil des heures
    le dos au soleil    matin bonheur
    Valentin    loin des ports insouciants
    Valentin joue avec l’air du temps

8

À Contis plage dans le sable blond
    dans la grisaille d’un matin de plomb
    Valentin égraine le temps maussade
dans le brouhaha des vagues malades
    sous une pluie fine    le vent au front
de ses quatorze mois tout juste ronds

9

À tous ceux qui jugent    qui condamnent et qui pendent
    je suis coupable d’être resté un enfant
    à tous ceux qui tuent et qui volent    la violence
n’a jamais de place dans la main d’un enfant

À tous les enfants de la création    au Monde
    à tous ceux qui souffrent de la faim    de la guerre
    aux clowns    aux fous    aux sages    aux victimes et aux mères
    aux blondes dans la lune    aux brunes dans le monde

    j’offre un regard d’enfant parce que l’avenir
y est si grand que le temps s’y arrête rire
    jouer au présent    passer    rire encore une fois

    parce que    qu’il soit noir    qu’il soit blanc    il envoie
aux quatre-vingt-dix coins des cinq continents
    les couleurs libres de la vie    aux yeux des gens

10

Totem
Bois mort    figure figée
Totem
Garde du temps    simple soldat
Totem
Roi des croyances    des craintes envolées

11

Dans un paradis de verts et de bleus mêlés
    où les arbres sont des parasols là plantés
    une femme    superbe    en jupe plissée
fendue    moulant ses fesses félines musclées
    la main au front    coude sur le genou posé
    un sourire aux lèvres de bonheur installé
    parce que femme    elle s’enivre des secrets

Un sourire aux lèvres de bonheur installé
    de l’autre main    elle tient un verre gorgé
petit doigt par-dessus l’annulaire croisé
Le regard brillant de malice    décidée
    elle le renverse sur sa chair sucrée
    peau éclaboussée de caprices susurrés
    parce que femme    elle désire les secrets

Peau éclaboussée de caprices susurrés
    une mèche blonde sur ses yeux    retombée
jusqu’à sa bouche de rouge pourpre fardée
    entrouverte effrontément pour être goûtée
Sa poitrine ronde    de dentelles cernée
    s’offre sous sa chemise de soie rose dégrafée
    parce que femme    elle éveille les secrets

De sa chemise de soie rose dégrafée
    un parfum sagace s’envole un peu sorcier
    comme un éclat de rire derrière elle laissé
Je la désire nue dans la poussière d’été
    mais autant de mystères par elle exhalés
    ne me suffisent pas à la déshabiller
    parce que femme    elle se pare des secrets

12

Surprise Partie

Elle est partie
de son côté
vivre sa vie
à son idée

Je m’suis surpris
à m’regarder
avec l’envie
de m’suicider

13

Lit de lune un soir de vin

La lune boit jusqu’à plus soif
son désarroi qui la décoiffe
Sous son crâne lourd    la tempête
gronde    rugit    lui casse la tête

La lune pleure    petit matin
    le ciel vert gris et lie de vin
inonde les rues noires    folles
    d’une pluie qu’empeste l’alcool

14

Un homme    une femme
tendrement mélangés
    le ciel dans l’âme
sur un lit dévoré

    sur un lit malade
de soupirs inachevés
    le cœur marmelade
    les jambes tressées

    les jambes intrépides
de caresses égarées
    leurs bouches humides
de cris mesurés

    de cris en flamme
    de baisers assoiffés
    un homme    une femme
    étrangement étrangers

15

Je veille et je fume
    la fumée embrume
mon cerveau lavé

Et sur le bitume
    s’éteignent et s’allument
mes larmes noyées
Tu t’es envolée
    tu m’as oublié
sur cette Terre bleutée

Sous l’or de ma plume
    l’encre noire inhume
des rimes glacées

Dehors    l’amertume
de l’air parfume
ce poème raté

Sur ton lit de brume
    les mots se consument
mais mon regard mouillé
    t’accompagne pour l’éternité

16

à Henri de Toulouse-Lautrec-Montfa

Des femmes superbes    racées    en jupes fendues    serrées
    les courbes de leurs jambes dessinées    hypnotisé
    je les suis des yeux    imaginées pures    nonchalantes
    amantes    aimantes et enivrantes
    pleines de gestes sensuels
Leur pas invitant à les suivre dans les rues
    sur le trottoir    ou quelque part    ailleurs
    sur une toile pour l’éternité

17

à Amédéo Modigliani

Les mains crispées sur ta poitrine qui se soulève
et se déchire    tu hurles au soleil ta douleur
    au rythme irrégulier des années et des heures
Le sang jaillit de tes poumons jusqu’aux lèvres
    alors tu bois pour oublier ce maudit rêve
    tu bois pour oublier cette épuisante plèvre

Pris au désespoir par d’éthyliques hallucinations
    tu vois d’étranges visages dans le ventre
des bouteilles que tu vides jusqu’à l’antre
Que tu vides comme les yeux bleus éperdus
des filles que tu allonges    en cravates ou nues
    sur d’innombrables morceaux d’étoffes de lin
Alors    tu peins pour oublier ce maudit rêve
    tu peins pour oublier cette épuisante plèvre

Tu accroches des visages qui se penchent
    à des cous qui s’allongent sous les coups du destin
Tu te retrouves toi-même allongé sur un lit
    tes yeux bruns d’italien    vides comme tous les yeux
des tableaux que tu vides jusqu’au bleu    jusqu’au rien
Tes mains crispées sur ta poitrine qui se soulève
et se déchire    tu réclames en partant ta chère Italie
Alors    tu pars pour oublier ce maudit rêve
    tu pars pour oublier cette épuisante plèvre
De tes poumons le sang jaillit jusqu’aux lèvres

18

Quand la musique est douce    comme ça
    jusqu’à l’overdose
    et que la nuit    les bois virent au rose

    quand la musique s’inscrit    comme ça
    sur Notre-Dame    au parvis
    et que la nuit    Quasimodo secoue les cloches dans sa folie

    quand la musique revient    comme ça
    de l’aube jusqu’à l’aurore
    et que la lune pleine salue ton corps
    et que brille la rosée
    et que brillent les rues pavées

    je chante encore les lumières de ma vie
loin de la mort qui nous guette et qui me suit

19

Un grain de poussière pour expliquer la vie
    un courant d’air pour expliquer l’amour
    un morceau de terre pour expliquer la mort
    et une goutte d’eau pour sécher tes larmes

20

Sirènes et vipères    les gars de la mer
quand ils embarquent leur destin
au long de leurs rêves amers
    quelques soleils clandestins
    rien de plus    ni joies particulières
    rien de rien    ni chagrins fous
Vipères et sirènes    les gars de la mer

Vipères et sirènes    les gars de la mer
aux crépuscules incertains
    la mer avale les pleurs
    la terre hurle les heures
Ils rament sous les vents fous
Ils chantent loin de la fourmilière
Ils ont du sang plein les mains
    le chanvre est violent
    et de l’eau dans la voix
    l’écume et les embruns giflent
    sirènes et vipères    les gars de la mer

Sirènes et vipères    les gars de la mer
quand ils embarquent leur carcasse
    la mer lave leurs cheveux
    la mer sale leurs festins
mais las    tenaces ou vainqueurs
    ils l’ont dans le cœur
cette eau profonde et vivante
qui les emmène et les ramène
    et ne les ramène pas quelquefois
sous les vents fous et hurlants
    les gars de la mer    vipères et sirènes

21

J’ai joué ma mort
sur quelques planches jetées là
    avec du sang    avec des mots
    avec du fard sur la peau

J’ai joué ma mort
    un vieux jean râpé    agenouillé là
    ton visage près de moi    posé sur du papier photo
    un projecteur braqué sur la peau

Cette vie déjà vécue    la fraîcheur glacée de l’éternité
    des gouttes d’eau sur le cœur    larmes coulées
comme une pluie sans nuage
    le rêve d’un rêveur sage

22

L’Amour morose

L’amour n’est pas toujours fait de mots roses
    et dans ces instants    mourir d’overdose
n’est pas troublant    même si la mort ose

23

Ce n’est pas pour ton cul    tes seins    ta gueule
    mais pour toi tout entière que j’t’aime
    Toi morceau de vie que j’étreins en rêve
et qui me titille l’esprit à l’infini

24

Saveurs bourgeoises
valeurs sournoises

Ce matin j’ai déjeuné tard
d’un bol de caviar
et d’un verre de lait
Encore ce maudit cauchemar
    c’que c’est dégueulasse le caviar
    heureusement qu’il y a le lait

25

poème automatique 0865
Omelette

Le jaune    le blanc    la neige    le fer    le sang
doivent être battus
Le pétrole grille le beurre fondu
Homme    let it be
L’assiette est blette    la terre un peu mûre
    mur et tombe un peu
Le pétrole drague les voitures
Vois-tu les simples feux
verts    rouges    jaunes    bleus et clignotants

26

Dans ton ventre où a pénétré mon corps
    la vie prend forme    la vie prend corps
La chair et le sang respirent lentement
et se tournent    le pouce entre les dents
Assis en tailleur    l’esprit ailleurs
    au creux de toi dessous ton cœur
L’enfant que je    que tu attends
    s’étire et se love encore un instant
    et puis le voilà    hurlant plus fort que toi
    pour que tu puisses mieux apprécier la douleur
dans ton ventre où a pénétré mon cœur
    et la souffrance que le bonheur laisse en toi

27

Le rêve égaré

Le livre ouvert sur les mains    assis au bord du lit
Les mots peu à peu se superposent
Les mots s’enchevêtrent    vibrent    et s’essoufflent
À la file indienne    ils quittent la page
Les pages tournent    se déchirent et s’envolent
Le livre se vide de son sens    les mots redeviennent gouttes d’encre
et retournent à l’encrier qui déborde
Les mots redeviennent pensées

Entre les pages envolées    le dormeur du Val
    les bottines déchirées aux cailloux des sentiers
    danse dans les reflets d’argent et les haillons de lumières moussus
Un fiacre passe et regarde cet homme qui hurle qu’il aime et qu’il s’en va
Qu’il aime des sorcières dans les verres de vin
    des sorcières aux cheveux verts sous la lune ronde du Rhin
    qu’il aime et qu’il s’en va au vent mauvais    Il a deux trous rouges aux côtés
On se souvient des jours anciens en pleurs    sous un couvercle bas et lourd
comme un ciel d’araignées au fond de nos cerveaux pourris
Soudain un rire d’enfant vient me réveiller
    je suis assis là    à la terrasse d’un café
Le rire reprend    l’enfant est là    c’est Cosette    Elle s’enfuit avec le dormeur
    elle quitte cette auberge verte    Elle rit de bon cœur et Valentin rit avec elle
Valentin c’est mon fiston    il les regarde s’en aller
Lui    le petit Gavroche de mon cœur    l’enfant adoré    il rit malgré le vent glacé
et les cris du professeur que un et un ne veulent plus écouter
Il rit des bonnes paroles    des grandes inventions    il rit avec l’oiseau
    avec la craie de toutes les couleurs et le visage du bonheur

Je me suis égaré
Je vous en prie excusez-moi de claquer la porte
et de disparaître dans le vent
Les poètes y sont déjà et Valentin court devant

28

Je voyage au cœur de l’Afrique sauvage
entre les lignes serrées des poèmes Senghoriens
    sous un ciel intarissable de bleu indigo
Ciel sans autre nuage que les oiseaux
aux chants rythmés par les tam-tams des Africains
dansant en rondes au milieu de leur village

Les Africaines cuivrées    aux longues jambes
    marchent seins nus devant mes yeux captivés
et m’invitent    d’un sourire nacré    à vivre
les plaisirs de leur vie brûlante et ivre
Allongés dans l’ombre de leurs huttes colorées
    sur une peau de zèbre    Ébène et Ivoire ensemble

29

Il y a dix minutes à peine
Je rêvais
    c’est pour toi que je veux vivre
    c’est de toi que mon cœur s’enivre
Voilà où est toute ma peine     je rêvais

Un Couture sur la sono
    tout seul    pourtant je vis pour toi
    et puis ces murs vides autour de moi
    voilà que je mange en solo
Je rêve
    c’est un nouveau Baudelaire
    un nouveau spleen dans l’air
    des mots durs dans les cheveux d’Higelin
Je rêve
    ça fait longtemps que je veux écrire
Maintenant que je l’ai dans la main
    ma plume est ivre
Je rêve
    la tristesse durera longtemps
    maintenant je suis là
    demain amer
    gouttes d’eau et tout l’fourbi derrière
    je rêve
Des questions se fracassent à la dérive
    cerveau lavé    navire sans capitaine à la dérive

    il y a dix minutes à peine
je rêvais
    l’eau me rejetait sur la rive

30

Spectateur noctambule

La belle nuit bleu de Prusse encercle ma ville
que mille feux géométriques illuminent
    dans le silence bruyant où glissent    divines
    les silhouettes sombres des automobiles

Peu à peu    des feux carrés s’éteignent    dociles
    pour laisser place aux rêves    à l’amour    au spleen
Au loin    montent les cris d’un pneu qu’on assassine
    sur le goudron noir cousu de blanc qui défile

Quelques feux encore allumés forment des îles
    certains clignotent sur des tiges sans racine
    d’autres se rallument déjà dans les cuisines

L’eau sur la terre brune en tombant fait un fil
    mais voilà    les premiers pas résonnent    routine
    humide    l’aube envahit les rues de ma ville

31

à Arthur Rimbaud

Le rêveur du mal

C’est une plaine alpine aux nuages troublants
où les tourments des hommes libres et fiers    s’éveillent
sur des routes qu’ils pratiquent trop souvent
Vieille Terre acide    c’est une plaine qui surprend

Les guenilles du Colonel rouillent au soleil
Assassin    Libre musique comme la fièvre
    un ruisseau de lumière clapote à ses lèvres
    sous les cris du métal qui déchire le ciel

L’herbe mort dorée flâne dans ses doux cheveux
    la tête renversée    le chapeau dérangé
    il fait la sieste étourdi par l’ivresse alliée

La brise fine qui danse sous son nez bleu
ne le mouille pas plus que les pleurs d’un enfant
Ostensif    il est perforé par le néant

32

Hymne à la nouvelle année
Poème pour l’Éternité

Elle arrive    elle est là
    mais elle ne fait que passer
Car ses soeurs sont déjà là
    en file indienne à se bousculer

Impossible à capturer    on la vénère
    on la fête avec entrain
en remplissant les verres
avant qu’elle ne reprenne le train

du temps qui la transporte
    vers une autre planète
    vers son avenir    vers une autre porte

À contre courant de notre temps    muette
    elle nous abandonne pour entrer dans nos mémoires
et devenir une date de plus de l’histoire

Au revoir toi qui ne fais que passer
Au revoir toi qui fais notre passé

33

L’usure a cette grandeur
    cette beauté intérieure
qui lui donne la couleur de l’éternité
    la candeur âpre de l’immortalité

Une autre manière de parler de la patine du temps
    des rides sur mon front si blanc

Je m’interroge
Et pourtant    là    derrière les aiguilles de l’horloge
    une seconde de plus    une seconde de trop
    et le cœur usé par l’amour
    une femme fatale    la même toujours
    m’emmènera connaître l’inconnu

    je veux quitter la Terre avec une âme démesurée
    à la mesure de l’éternité

34

Le temps prend son temps et il nous prend
et nous    nous    on ne prend pas le temps
Car le temps ne se prend pas
D’ailleurs    il n’est pas à prendre
    et pour apprendre cela il faut du temps

35

Post-Scriptum

J’ai mis plus d’amour dans tout ce mal de vivre que tu n’en trouveras tout au long de ta vie

36

Arthur'R éditions - Poésie
Dépôt légal    4ème trimestre 2 001

ISBN édition originale 1994    2-9508760-0-5
ISBN réédition 2001    2-9508760-2-1

© Bruno Arts | tous droits réservés pour tous pays | textes protégés

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