Bruno Arts | Poète

La trilogie verbale d'un enfant de la Terre | volume 3

CENT TITRES - Bruno Arts
recueil en lecture gratuite

1

À Pascale
J’ai mis mon cœur en boîte    pour toi
    pour qu’il y entre je l’ai plié en quatre    pour toi
Aux épines de mon cœur
    j’ai accroché des pétales de roses rouges pour que tu ne t’y piques pas les doigts
Au revers de mon cœur    j’ai mis une épingle
    pour que tu l’accroches au revers de ta veste tout près de ton cœur
À deux pas de la Saint-Bambin
    Margot et Valentin joignent leurs petits cœurs    aussi gros que le mien    à mon cœur
    et nos trois cœurs    tirés à quatre épingles pour plaire au tien
    en chœur et des roses rouges plein les bras
    te disent je t’aime    nous t’aimons tant et de tout cœur

1

Elle    ronde d’amour
    pointée d’humour
    ortée par le temps
    elle    vibre allègrement

Lui    prend des notes noires
et d’une oreille inspirée
    ans mesure    juste pour l’aimer
    lui décroche les lunettes noires

de la lune    do    ré

2

Jazz X

Une noire accrochée à une blanche
    du bout des lèvres    il dévore sa anche
et le souffle clair    il maintient une blanche
pour que la noire    accrochée à sa blanche
    revienne sous ses lèvres faire mouiller l’autre hanche
dans le matin de vair    sous les draps du dimanche
après le jazz syncopé des nuits blanches
Et la noire de vibrer    de gémir comme une blanche
pour finir sur l’accord majeur qui frémit sa hanche
Dans un corps à corps étourdi    la noire se déhanche
    elle blanchit    d’accord de jouer encore de ses hanches
Au final    la noire s’abandonne    offerte    elle flanche
    soupire et envahit l’espace d’une note franche pointée
Ronde de plaisir    portée par ce corps à corps accroché
    sa peau noire frémit à contre temps des assauts portés
par l’instrument de celui qui sait d’elle en jouer
Et le dernier accord de ce jeu syncopé
laisse s’envoler quelques notes blanches délivrées
au creux de ses hanches enjouées
    qu’elle cambre encore une fois pour apprécier
le point d’orgue    le it    dernier coup porté
en démesure à son noir corps enchanté
La noire pointée laisse son plaisir durer
    et sans mesure    s’endort chavirée

Musique | Madame Ling Sim
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3

De la chair fragile d’un papier de chiffon
    en habits d’encre de chine noire    sincères
    s’envolent    usés    des mots faciles    éphémères    
en phrases futiles lourdes comme le plomb

De bancs d’écoles dissipés en amours folles
émancipées jusqu’aux bancs âgés de l’automne
    les années courent et celle qui arrive morne
mais vivante et enivrante comme l’alcool

    pleine comme le ventre arrondi de la femme
qui enfantera l’innocente éternité
    l’année qui arrive    je vous l’offre sucrée

    parce que le temps passe    passionné    s’enflamme
de bonheur et glisse sur nos vies irradiées
Rêves venez et devenez réalité

4

La sagesse du cœur est plus fertile que l’impatience du sexe

5

à Pascal Gallet

Le rideau noir se lève et les lumières s’éteignent
Sur la scène,    la silhouette seule d’un grand piano
La salle chuchote    la salle se tait    le silence règne
    et le pianiste arrive sa musique à fleur de peau
Il s’installe devant son instrument    retient son souffle
et lance ses doigts gantés sur le clavier nacré
Le Show terminé    il se lève pour saluer son public
qui reste bouche bée devant l’élégance de cet artiste de bois
    une marionnette sans fil

Mais cette marionnette    c’est toi    c’est moi
    nous sommes des marionnettes sans fil
    et notre théâtre est le monde

6

À fleur d’eau
    un frisson
comme la lame d’un rasoir
sur la lame de fond
    sur le fond dérisoire
    façonne le passage d’un bateau
aux ailes blanches
dans le ciel chaud
qui recouvre la manche

Au fil de l’eau
    la côte bretonne
que les bateaux draguent
    bateaux aux lourdes tonnes
qui en font des tonnes pour la drague
    fascine en divaguant
le voyageur sympathique
assis sur le granit tranchant
qui recouvre l’Armorique

Sur le fil de l’eau
    des vagues de mots
comme la brise
qui se brise sur les cerveaux
des cerfs-volants surprises
    submergent    sans perdre le fil
    le bateau poème
aux amarres fragiles
qui recouvrent la grève et germent
Et ce poème bateau reste coi
Reste qui    reste à quai    reste quoi
Reste ici    reste là    reste aussi assis là

et les pieds nus dans le sable
    les enfants courent dans le vague
au devant des vagues affables
qui ramènent du large les cris du vent
et des poissons brillants
Les enfants    à terre
    laissent pêle-mêle leurs seaux
et se jettent à l’eau
de mer
    de vie
    de-ci    de-là
    et leurs cris
exaltés
    rieurs
    excités
par le jeu du bonheur
de l’eau presque glacée
qui leur mord la peau
bronzée
    sablée
    salée
    sur le fil de l’eau
comme un frisson léger
    les cris des enfants
remplissent le cœur
du voyageur amusé
    d’une vive vigueur
aux couleurs vives de l’été

7

Aquarelle et mélodie

Ton mince corps frêle et nu s’allonge sur le papier
sous les caresses de mes pinceaux
Seins tendus    tu te donnes frissonnante d’envie    mouillée
    un hâle cuivré sur la peau
Paupières closes    lèvres entrouvertes et salées
    ta poitrine gonflée explose de cris jusqu’au ciel montés
Accords du total chromatique    symphonie d’été
rythmée par les rayons du soleil en pluie retombés
sur le sable brûlé
Esclave    envoûté    libre    hébété    
    d’une main libre    sur le grain d’un papier chiffon
    je cours après les fleurs du vent
Je t’aime d’un trait de plomb
    en couleur    en noir et blanc

8

La main sur le cœur et le cœur sur la main

Ils nous achètent    nous vendent et nous piquent
nos rêves et nos désirs    Plus que certains moustiques
    ils nous endorment    nous pommadent    clinique
Le silence est d’orge    le blé a la parole    étique
Et si les rues fiévreuses transpirent et grouillent    panique
Quand les murs des maisons revendiquent
le soleil noir qui s’éteint plein feu sous l’alambic
    sur les trottoirs du monde    la pluie chante des cantiques.

Ils font les lois parce qu’ils sont ministres
ou mieux    rois    présidents    grade sinistre
Ils propagandent    gais sournois et sournois tristes
    révolutionnent    noient des poissons fascistes
    mélangent l’eau et le vin    poussent l’équilibriste
    nous écoutent d’une main    de l’autre préfèrent l’artiste
Sur les pavés du monde    la pluie murmure un chant sinistre

Ils invitent la cour    mettent le couvert    préparent leur liste
    font les courses aux hypermarchés    promesses à la nique
    promotion du mois    rayons élections    produits vie pratique
    crémerie    caviar    sauce contribution    j’t’astique
Ils écrasent l’individualisme sous le poids de l’anarchie réglementaire
et quand ça chie    le cœur sur la main remettent le couvert
et sur la gueule nous font péter une bonne guerre

Puis la main sur le cœur    très fiers    distribuent des médailles en fer
aux fiers soldats blessés    gazés    mutilés mais bien vivants
Je leur mettrais bien quelques pavés arrachés aux trottoirs du monde
en travers des sourires qu’ils nous font
    tant ils espèrent que nous mettrons dans l’urne un papier à leur nom

9

Aux enchanteurs

Les mots étoiles des nuits d’Amsterdam
scintillent aux cheveux des femmes
et les rires des marins assis sous la lune
montent en pluie météore pour décroisser la lune
et retombent dans les ports    comme une pisse de grêle
    en fine poussière d’étoiles se coller aux semelles de Brel
qui d’un battement de cœur à fleur de peau    au firmament
    les enchante avant de les chanter aux gens

Les mots salés des eaux océanes rament
et roulent de vagues en vague à l’âme
et se brisent sur la plage contre les châteaux d’enfants
pour mouiller les baisers fiévreux des amants
Et les fines gouttes d’écume amère
échouent sous les semelles d’Aubert
qui d’un cœur rêveur et chahuteur    sous le vent
    les enchante avant de les chanter aux gens

Les mots légers des vents chauds de l’été
emmènent caviar et champagne dans leurs aéroplanes blindés
et posent dans les cheveux des bébés alertés
    à la gloire des héros de la voltige et de la liberté
des hommes tombés du ciel de chagrin
    des jeunes filles en fleur sous les semelles d’Higelin
qui d’un cœur d’enfant de cœur    dans un salut vivant
    les enchante avant de les chanter aux gens.

Les mots brûlants du sexe font la loi
le long du sillon des femmes bien droit
et sèment dans leurs ventres fertiles    un it idem
au fumeur de gitanes    génial tandem
    pour que Gainsbarre en fleurs d’amour
fleurisse les semelles de Gainsbourg
qui d’un cœur armé de généreuses pensées    à travers champs
    les enchante avant de les chanter aux gens

10

poème automatique 0295

Quant à vous hommes qui m’écoutez    je vous dis et vous somme de raconter ce que j’écris    des mots, des poèmes    des rimes    de l’amour et des fleurs    des crimes    des cris et des pleurs    et de la pluie

11

poème automatique 0482

Il tombe des trombes d’eau sur la ville et les escargots nous envahissent par cent mille    Ils montent aux murs des maisons usées par le bruit des voitures    ils se collent aux carreaux et soulèvent les toitures    Les maisons aux écailles rouges brillent dans les flaques de Soutine en se dandinant    et le soleil de minuit les cuit jusqu’au matin qu’elles invectivent et traitent de brigand

12

poème automatique 0492

Je suis allé au bistrot du coin où j’ai des dettes depuis plusieurs millénaires    Sur le comptoir gras    j’ai bu tout mon or et j’ai joué aux cartes    j’ai joué jusqu’à plus soif    j’ai joué ma vie jusqu’à la mort

Je suis sorti    j’ai mis les pieds dehors    j’ai foutu le feu à un réverbère et puis j’ai frappé    J’ai frappé la nuit    j’ai frappé la lune    deux yeux au beurre noir

J’ai cassé la gueule au nez et à la barbe et puis j’ai mis les bouts à l’anglaise    hissé les voiles    largué les amarres    Je n’avais pas cent balles    alors j’ai joué encore à des jeux à deux balles    J’ai joué au golf    j’ai swingué sur le green    J’y ai trouvé la clé des chants    je l’ai prise et puis j’ai mis le feu à la poudre d’escampette avant de m’enfuir à travers champs comme un voleur de grand chemin voir voler les baleines au bal des éléphants

J’ai pris l’escalier et comme je me voyais devenir brigand    avalant les marches quatre à quatre    j’ai rendu l’escalier que je venais d’emprunter    dévalant les marches quatre à quatre pour ne plus jamais m’arrêter

13

à Eugène Delacroix

C’est un combat avec des chevaux aux yeux injectés de sang    écumants et suants    avec des femmes à moitié nues    les bras levés vers des nuages ardents    avec des hommes qui tombent et se relèvent aux battements des tambours    aux chants des femmes    aux cris des chevaux    aux larmes des enfants

C’est une lutte douce    où la poussière vole sous les pas des hommes    des femmes et des enfants    où l’herbe et la terre giclent sous les sabots lourds des chevaux

C’est une victoire    un aboutissement    c’est la vie    c’est la mort    Violence    allégorie    chœurs    tambours battants    allégresse    sueur et larmes d’enfants et larmes d’enfants et larmes d’enfants

14

à Robert Doisneau

Éternel instant

Le temps qui passe et nous dépasse
    libre comme un jeu d’enfant
que Doisneau nous livre en noir et blanc
sur le grade d’un papier blanc

    le temps qui passe et nous dépasse
    léger comme un rire d’enfant
que Doisneau fixe    en grains d’argent
indélébiles    comme un pied de nez au mur du temps

    le temps qui passe et nous dépasse
    nous lasse et nous agace
et d’un regard fugace
Doisneau l’arrête instantanément

15

Margot    ma fille    me sourit du coin des yeux
D’un murmure de cils    elle me rend heureux
comme nullement en ce paradis de terre
ne le fut    ni ne le sera jamais un père

Petit cœur novice    si subtil et si prompt
à exprimer sa pleine mesure opportune
    à l’heure d’aller au lit    effrontée    elle rompt
les interdits et dit des histoires à la lune

De ne pouvoir autoriser cette requête
et lui accorder quelques minutes de trêve
    je lui inflige à contre cœur    une défaite

si vite oubliée car il faut pourtant que rêve
son oreiller de plumes fragiles    Margot
Ma fille    pour qui je tremble à ses moindres maux

16

Ma gamine    je suis fier
de tes sourires    de tes colères
Ma gamine    si fragile
    libre    libre comme la lumière
    ma gamine    élan de vie
    éclat de rire    éclat de rire
Ma gamine dont je suis fier

17

Voir
    entendre
    sentir
    toucher
    goûter
    inq sens
    e sixième sert à ordonner
    le bon sens

Le sens de la vie
Celui qui donne envie
    envie de vivre et d’aimer
    envie de rire et de crier
Le sens interdit qu’on prend
parce qu’on est resté enfant
Le sens des responsabilités
qu’on ne prend pas
    faut pas pousser

Faux pas    tomber
dans l’panneau
du sens qui n’en aurait pas
Là j’vois pas
    j’entends mal
    je sens
que la touche finale
a dégoûté le bon sens
et qu’il s’en est allé
désordonné

Voir
    entendre
    sentir
    toucher
    goûter
    cinq sens    et le sixième
que je croyais avoir inventé
    le sixième est insensé

18

à William Garcin

Sous ses doigts de génie les rondes s’arrondissent
    les blanches    les noires    se parent de couleurs
    pointées de teintes franches    elles vibrent et sont complices
et la musique succombe à tant de douceurs

Archer d’exception    à coups d’archet virtuoses
    il décoche des croches en rivières éphémères
    fleurit nos oreilles de tulipes et de roses
    arrose nos vies    jette les notes à la mer

Jusqu’aux soupiraux de nos têtes chavirées
    sa musique    en accord avec la partition
    sans mesure explose    et libre    fière et osée
    s’abandonne ad lib.    à l’âme de son violon

19

poème automatique 9592
Le syndrome focal

L’œil du poisson dans la tasse
regardait la main de Warhol
exploser de joie devant l’humeur

20

poème automatique 6465

Bleue    la veine d’amour s’enfle
    le long du cœur elle est visible
    l’aiguille y pénètre    quelle cible
    celui qui la manque est un ange

21

J’ai envie d’écrire
    d’écrire avec des mots inventés un livre bombe
sur les ailes d’un papillon
avec la plume d’une colombe
et le sang d’un faucon

J’ai envie de composer
    de composer un hymne à la liberté
avec le bruit de la mer dans les rochers
    le souffle du vent dans les blés
et ma vieille guitare désaccordée

J’ai envie de peindre
    de peindre la beauté et l’amour
sur ta peau bronzée glamour
avec une mèche de tes cheveux bouclés
et des aquarelles volées

22

Cœur à cœur pour un enfant d’amour

Ô femme mon amour    écoute mes envies
    je t’offre ma vie    mon cœur et mon corps aussi
Je ne te promets pourtant ni or    ni fortune
    juste d’essayer de te décrocher la lune

    et si pour toi mon sang banal est assez pur
    et si pour toi mon âme libre est assez sûre
    femme mon amour    si le désir monte en toi
et si l’envie de m’aimer toujours est en toi

    alors cœur à cœur pour un enfant d’amour
    ô femme    amour de ma vie    si le cœur t’en dit
    ô femme    amour de ma vie    mon cœur te mendie

    cœur à cœur    corps contre corps    un enfant d’amour
Un enfant mon amour pour l’aimer avec toi
    et t’aimer avec lui    là    tout contre moi

23

En vie

M’introduire    m’immiscer en ton point propice
de douce chaleur    là où le bonheur entre tes cuisses
ne se lasse point de te faire vibrer
et d’affoler mon cœur en une lance inspirée
cent fois au centre de ta cible relancée

M’introduire    m’immiscer en ton ventre souverain
    et l’entendre frémir quand je l’étreins
    et mon cœur de s’affoler encore et encore
et de s’épancher en une épaisse sève d’or
que mon désir docile en ton corps a délivrée

24

à Jack Kerouac

Beat Mythes’n’Blues

On est tous un peu Beat dans l’cœur
    on a tous envie    comme ce vieux Dean
    de vivre à cent à l’heure
Quand sur la route
    la vitesse    le vent    l’asphalte qui glisse
et la poussière    nous donnent le It
    la note suprême des jazzmen de Frisco.
Alors on imagine un bon vieux saxo
délirant de sa voix fatiguée
les notes les plus sensuelles
qu’aucun autre n’a jamais déversées
Où sont-ils    ces James    ces Jack    ces Marilyn
Où sont-ils    ces jeunes qui vivent si vite
qu’ils en perdent le souffle
    qu’ils en oublient qu’ils existent

25

Exercice de style pour les amoureux

De mots vains en vingt mots*
    aimez-vous pour un mot
    toujours
    votre amour sera le plus doux des maux

* Comptez bien    il y a 20 mots

26

Le cœur saoul des politiques    des bourgeois
    de ces gens riches qui pensent au-dessus des lois
    le cœur saoul disais-je    de ces gens-là
    gavé au champagne    au caviar et foie gras
    dégueule des immondices de mots acides
sur l’honneur des hommes timides
    simples gens    traités comme de vulgaires forçats
    comme le gibier d’une cour de rois
qui pour sa chasse au pouvoir s’en sert
Nous    prévenus d’une ordalie gratuite qui coûte chère
    serfs    citoyens prolos    travailleurs ordinaires    ils nous bernent
Et le cœur fourbe des hommes qui nous gouvernent
    le cœur fourbe disais-je    de ces gens-là
    se délecte des fruits rouges d’une Shoah
détenue par ces hommes de pouvoir au-dessus des lois
    génocide psychosocial de droit
qui sans être le chaos du fascisme hitlérien
nous laisse K.-O.    nous otages licites    petits hommes de rien

27

L’amour au coin d’une rue

Je t’aime    toi qui ne me connais pas encore
Je t’aime parce que c’est toi
    et je sais que même séparé de ton corps
    de ton sourire et de ta voix
    je t’aime    toi que je ne connais pas nue
Je t’aime    rêveries d’homme
    là    adossé contre un mur au coin d’une rue
    à Acapulco ou à Rome

Je t’aime    toi qui ne me connais pas encore
Je t’aime amour inconnu
    je devine dans ta robe qui se dérobe alors
à la lumière diaphane    le dessin de tes seins nus
sur lesquels coulent    grains de sable perdus
    grains de vie    la rivière d’un désert de pas
    où ne résonnent que les tiens au coin d’une rue
Les tiens qui cognent dans mon cœur qui bat

Je t’aime    toi que je ne connais pas nue
Je t’aime    rêverie d’homme
    amour croisé sur un trottoir au coin d’une rue
à Paris    à Honolulu ou à Rome
Et mon esprit volage s’envole sous ta robe amie
    et mon cœur enchaîné se déchaîne et
    je    t’aime    Je    t’aime    Je    t’aime à l’infini
    ici    maintenant    pour toujours    à jamais

28

Si tu aimes la vie vraiment
    alors renverse le V de ta vie
et comme le point sur le i
    pour mettre un peu plus l’accent
à l’amour de celle que tu aimes
    ajoute la dimension suprême
    ajoute l’accent circonflexe de ton âme
à l’amour que tu donnes à une femme
    aime la de toute ton âme vraiment
    aime la avec âmour simplement

29

Il met du siccatif dans ses mots
pour qu’on ne les oublie pas trop
Il écrit ses vers au pinceau
pour qu’on ne l’oublie pas trop
Il pose des rimes en légers frottis
    embrasse ses vers dans des glacis
    rompt ses strophes avec des gris
    apostrophe les teintes    rythmes    cris
    sur tous les tons    l’amour    la vie
Il mélange la couleur des mots
pour qu’on ne les oublie pas trop
et signe quand le poème est fini

30

Post-Scriptum

Parce que la vie est belle    partez défendre le bonheur
Revenez du combat    ensanglantés d’amour
Apprenez aux enfants à se battre avec des fleurs
Couvrez de roses rouges tous les cœurs
    aimez les fous    n’écoutez pas les oppresseurs

31

Arthur'R éditions - Poésie
Dépôt légal    4ème trimestre 2 001

ISBN    2-9508760-4-8

© Bruno Arts | tous droits réservés pour tous pays | textes protégés

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